
10 février 2024 https://x.com/k_lhk/status/1756262195044692166
« Si les éoliennes sont un atout indispensable pour la transition énergétique, certains aspects suscitent la polémique, comme la quantité de béton nécessaire pour leurs fondations. Selon le syndicat des professionnels de l’éolien « France Énergie Éolienne » (FEE), la masse de béton utilisée varierait de 600 à 800 tonnes par turbine. Sujet de discorde, ces fondations posent question tant pour les émissions de CO2 générées à leur fabrication que pour la pollution potentielle des sols. »
https://www.revolution-energetique.com/dossiers/la-fondation-en-beton-dune-eolienne-est-elle-vraiment-problematique/
Notre planète est menacée par les activités humaines, et nous devons la sauver par tous les moyens. Cette affirmation est sortie dans les années 1960-1970 des cartons des industriels, (dont le porte-parole n’était autre que le patron de Fiat, le groupe automobile !). Ces personnes, incluant le gotha occidental, ont fondé le Club de Rome. Ce think-tank va alors financer publications et études pour faire des dangers que court la planète LE centre d’intérêts de tous les cercles de dirigeants aussi bien politiques, économiques, sociaux, etc. C’est d’ailleurs le Club de Rome qui va commanditer et financer le célèbre rapport Meadows, repris par la suite par l’ONU pour imposer le Développement durable.
Ces businessmen vont se transformer en business philanthropes. Leurs principaux bénéficiaires sont des ONG, dont un grand nombre fait avancer leurs projets consistant à « sauver » la planète, les animaux, les femmes, les minorités, etc. De véritables sujets détournés de leur réalité pour servir les intérêts des uns et des autres.

Les ONG soutenus par ces milliardaires philanthropes sont si nombreuses et si puissantes qu’elles sont considérées par certains comme un gouvernement de l’ombre (Cf les capacités de certaines à agir au niveau local et à mener des opérations plus ou moins pacifiques pour faire changer les mentalités). Un modèle les représente au centre d’une myriade d’interactions.

L’urgence écologique mise en avant par les business philanthropes, dont les plus gros pollueurs
La Bombe P
En 1968, un tout jeune professeur de Stanford (36 ans !) publiera un livre traitant de surpopulation: la Bombe P. Paul Ehrlich y traite la thèse selon laquelle une famine envahirait le monde au cours des années 70 et 80, due à la croissance de la population mondiale. Par conséquent, il demande des mesures politiques immédiates pour limiter cette catastrophe annoncée.

alimentaire est, à cette époque, effectivement erronée puisqu’elle sous-estime l’impact de
la révolution verte et que la baisse de la croissance démographique dans les pays riches en
Europe joue un rôle important dans la création d’excédents agricoles dans ces pays. Mais,
toujours selon les auteurs, l’ouvrage a rempli son rôle en sensibilisant la population aux
questions environnementales et en introduisant la taille de la population dans le débat sur
l’avenir de l’humanité. Wikipédia.
La thèse est exagérément pessimiste, basée sur des « modèles mathématiques » (de nouveau!) qui valent ce qu’ils valent. Mais voilà, le monsieur est professeur à Stanford, et le succès est planétaire. 2 millions d’exemplaires sont distribués et ancrent durablement dans l’inconscient collectif ces préjugés jamais démontrés scientifiquement. Plus important encore, l’ouvrage est depuis intégré à l’enseignement académique. Il a ainsi influencé des milliers et des milliers d’universitaires à travers la planète, dont les futurs dirigeants et décideurs de tous les domaines.
Les universités prestigieuses, en tant que tremplin planétaire, sont elles-mêmes largement sponsorisées par les milliardaires.

Le contrôle de la taille des populations devenu un sujet de combat de l’ONU
Grâce à la puissance financière des initiants, le contrôle de la population mondiale est devenu un objectif-clé du Développement durable :
« le fonds des Nations Unies pour la population, UNFPA, a affirmé dans son rapport de 2009 sur l’état de la population mondiale, présenté lors de la conférence de Copenhague le 18 novembre 2009, que le réchauffement planétaire ne peut être endigué que par une réduction massive de la population mondiale ».
«Faut-il réduire la population mondiale pour sauver la planète?», Audrey Garric, ecologie. blog.lemonde.fr, 2010
Ce raisonnement malthusien est bien connu depuis le 19ème siècle. Cependant il a été enrichi depuis par des modèles mathématiques, eux-mêmes rédigés par des malthusiens, nourris par les bourses académiques des business-philanthropes.
Le Club de Rome, en arrière-plan
Le succès de la Bombe P va préparer le terrain intellectuel, technologique, scientifique et culturel à une certaine conception de l’écologie. Celle des business philanthropes. C’est dans ce contexte et avec cette mentalité que le Club de Rome, fondé en 1968, va surfer sur les retombées positives de la diffusion de l’ouvrage. La caution scientifique de Stanford va être déterminante pour faire adhérer les personnages les plus importants du moment à la stratégie des milliardaires soudain épris du bien-être de la planète …
Le Club de Rome est une association internationale et non politique réunissant des scientifiques, des humanistes, des économistes, des professeurs, des fonctionnaires nationaux et internationaux préoccupés des problèmes complexes auxquels doivent faire face toutes les sociétés, tant industrialisées qu’en développement.https://ise.unige.ch/isdd/spip.php?article38
Curieusement, le site de l’Uni oublie de dire que les 2 co-fondateurs sont:
- Alexander King, un chimiste britannique qui a planché sur la création d’explosifs dans le cadre de la 2ème guerre mondiale. Le père de King avait travaillé pour la Nobel Explosives Company et avait fini en tant que directeur du plus gros industriel britannique, l’Imperial Chemical Industries
- Aurelio Peccei, un grand industriel (Fiat, Alitalia, Olivetti).
De fait, les industries les plus polluantes et les moins humanistes sont parfaitement représentées au sein du Club de Rome, et ce depuis sa fondation. À relever l’implication active de l’OCDE et de la Fondation Rockefeller. Cette dernière organisa notamment une rencontre en Italie qui s’est conclue par la «déclaration de Bellagio», qui appelle à la planification mondiale à long terme.
Au fil de son existence, le Club de Rome a accueilli aux côtés de ces stars de l’industrie, la reine Béatrix des Pays-Bas, un premier ministre indien, un prince saoudien, un ancien président du Mexique. De fait, il s’agit d’un lieu similaire au WEF où cohabitent les milliardaires des diverses industries, des scientifiques dédiés à la cause du plus fort, et des politiciens complaisants. Le mélange indigeste des genres qui existe depuis le New Deal du président Roosevelt…
Le Rapport Meadows, estampillé avec le prestigieux label du MIT, fonde le Coup d’Etat planétaire
La bombe P. a marqué les esprits de l’élite qui comptait. Les patrons du Club de Rome vont en profiter pour enfoncer le clou en commanditant une analyse au MIT. Cela donnera le rapport Meadows, pur produit de la démarche technocratique qui se sert de modèles mathématiques supposés prédictifs paquetés dans un ordinateur.
Le modèle World3 va simuler des interactions entre population, croissance industrielle, production de nourriture et limites des écosystèmes terrestres. Ses trois concepteurs sont : Donella Meadows, Dennis Meadows et Jørgen Randers. Fait curieux, en 1972, le couple Meadows avait entre 30 et 31 ans. Quant à Jörgen Randers avait juste 27 ans. Alors peut-on croire que ce trio avait les compétences de développer si vite un modèle de simulation, d’en tirer les conclusions, et d’émettre des recommandations qui vont révolutionner la planète, car adoptées par les instances supranationales (y compris industrielles) dirigeantes?
La Bombe P. a ouvert la voie aux Meadows. Par la suite, leurs préconisations donneront une assise au Développement durable. Les fondations d’un magistral Coup d’Etat planétaire sont posées.
Les milliardaires ont pris le pouvoir. La corporatocratie est en place.
En 2025, un homme seul contrôle 2/3 des satellites actifs. Est-ce que le terrien moyen comprend bien les significations de ce constat? A l’heure actuelle, un homme aurait accès, à titre personnel, au ciel international pour y placer les satellites de son choix pour nous surveiller, et collecter nos données. En échange, il nous met à disposition le réseau Internet. Que Elon Musk soit un homme de paille (ce qu’il est selon toute vraisemblance) ou pas n’est pas le sujet, la réalité est que des privés sont en charge de nos vies, dans le plus petit détail de notre intimité.

La Corporatocratie américaine décomplexée est représentée par ces images, où les milliardaires sont installés dans un lieu hautement symbolique, qu’est le bureau ovale du pays réputé être le plus puissant de la planète. Leurs entreprises sont à la pointe du business avec des prestations payées avec l’argent des impôts. De plus, ils arrivent avec dans leurs valises les méthodes de restructurations agressives utilisées dans les entreprises. Maintenant, ils vont les appliquer au niveau d’un gouvernement. Et cela représente un drame socio-économique.

influence tentaculaire sur les agences fédérales était comme un « examen de proctologie quotidien ».
Il a également affirmé que le travail de DOGE était partagé sur son site Web et sur X, la plateforme de médias sociaux appartenant à Musk. Cependant, le site Web de DOGE ne contient aucune information et les publications sur X manquent souvent de nombreux détails, notamment sur les programmes qui sont supprimés et sur les endroits où l’organisation a accès.
Un petit détail très significatif
La présence de l’enfant de Musk, supposée faire référence à la photo mythique de John Jr. jouant dans le bureau de son père, le Président Kennedy, est tout aussi éloquente. Les lieux ont manifestement l’air d’avoir été privatisés. Le fait de tenir une conférence de presse en présence de l’enfant dans ce lieu est chargé de sous-entendus. Comprenne qui voudra.



L’escrologie, au menu du Développement durable. Exemples
Les milliardaires ont réussi leur Coup d’Etat planétaire en s’infiltrant à tous les niveaux décisionnels des Etats et des organisations supranationales grâce au Développement durable. Celui-ci se révèle couvrir une fausse écologie et une véritable escrologie. Voici quelques exemples:

- Les pets de vache très utiles pour liquider les troupeaux et faire consommer des protéines synthétiques
Alors que le méthane issu des vaches est ciblé de manière à éradiquer la consommation de viandes, et autres protéines animales, les satellites GHGSAT et Sentinel-5P TROPOMI détectent une émission géante de méthane provenant du volcan Fentale en Éthiopie…. Entretemps, on fait ingurgiter aux ruminants un additif alimentaire, le Bovaer. Le Brésil et le Chili l’ont introduit en 2021, et l’UE en 2022 pour les vaches laitières… https://fr.wikipedia.org/wiki/3-Nitrooxypropanol


Quant aux milliardaires, ils travaillent depuis les années 2000 au remplacement de ces troupeaux de ruminants par des produits sortis des laboratoires (viandes, lait, et autres protéines synthétiques), mais aussi en imposant l’introduction de protéines indésirables. La Commission européenne, toute dédiée à la cause de la business philanthropie, approuve l’introduction de poudres de larves dans les produits alimentaires.

- Nos industriels pas si vertueux ont mis sur le marché nombre de produits hautement polluants et diffusés à grande échelle… Exemple.
Dotés d’une « batterie non rechargeable, les puffs contiennent des métaux précieux, notamment du lithium, du cobalt ou du cuivre; tout comme un smartphone. Sauf qu’après 600 à 2000 bouffées, la plupart des vapoteuses jetables finissent leur vie… à la poubelle! Voire dans les rues, la nature ou les lacs. » Au fait, ces batteries explosent aussi. https://www.frc.ch/les-puffs-cette-nouvelle-plaie/
- Massacre à grande échelle des plus belles forêts de la planète

https://x.com/k_lhk/status/1880917236027920395

- Les composants d’une batterie de voiture électrique

- Quid des écosystèmes des océans ou des déserts qui ont été recouverts de panneaux solaires?

Les courants ascendants provenant de panneaux solaires sombres pourraient alimenter les tempêtes – une alternative à l’ensemencement des nuages
https://www.science.org/content/article/massive-solar-farms-could-provoke-rainclouds-desert?


- Dernier exemple. Genève l’écologiste veut se doter d’une piste de ski avec un revêtement synthétique…

A l’origine, cette piste aurait dû être réalisée en “vraie” neige à Vessy, grâce aux scories des patinoires, c’est-à-dire les résidus de glace. Problème, pour apporter cette matière sur le site, il aurait fallu utiliser des camions. Un point qui peut interpeller en termes de questions environnementales et énergétiques à l’heure du réchauffement climatique.
C’est pourquoi, le nouveau projet se base sur un revêtement synthétique. Un changement de projet indispensable pour Julien Pala, le président de l’association We Ski Geneva:
https://www.radiolac.ch/actualite/geneve/peut-etre-une-piste-de-ski-artificielle-a-geneve/
Clap de fin pour le narratif écolo
Mais voilà, toutes les bonnes choses ont une fin, et cela inclut l’hypocrisie écologiste de Planète finance. Nos milliardaires, et leurs entreprises polluantes, n’en auront bientôt plus besoin. Leurs délégués sont installés au plus haut niveau du pouvoir politique. Leurs entreprises vont se transformer en cash machines puisqu’elles sont appelées à remplacer les bataillons de fonctionnaires et ce qu’il reste de PME de petites et grandes tailles…. Plus besoin donc de ces alliances à visée écologiques.

La N-BA est un groupe de grandes banques mondiales engagées à aligner leurs activités sur les marchés des prêts, des investissements et des capitaux sur les émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici 2050.
Lancé en 2021 avec 43 membres fondateurs, le NB-A a été convoqué par l’initiative financière du programme des Nations unies pour l’environnement, mais est dirigé par les banques elles-mêmes. Citigroup, l’une des principales banques américaines à quitter l’alliance, était l’un de ces membres fondateurs. https://www.euronews.com/green/2025/02/10/top-american-banks-exit-net-zero-alliance-what-does-this-mean-for-their-european-peers
La face cachée du développement durable – Extrait du livre Coup d’Etat planétaire

La stratégie des États-Unis d’après-guerre qui consiste à hisser les sous-développés vers la catégorie des développés va amener les entités aidées à devenir des assistés sous conditions. Des conditions contrôlées de près par les organismes supranationaux (FMI, Banque mondiale, etc.), et les firmes transnationales qui leur sont proches.
Le sous-développement a introduit deux catégories d’États, de dirigeants et de populations. « Ainsi, à partir de 1949, plus de deux milliards d’habitants de la planète vont — le plus souvent à leur insu — changer de nom, être considérés « officiellement », si l’on peut dire, tels qu’ils apparaissent dans le regard de l’autre et être mis en demeure de rechercher ainsi leur occidentalisation en profondeur au mépris de leurs propres valeurs ; ils ne seront plus Africains, Latino-Américains ou Asiatiques (pour ne pas dire Bambaras, Shona, berbères, Quechuas, Aymaras, Balinais ou Mongols) mais simplement « sous-développés ».
Gilbert Rist poursuivra : « Cette nouvelle « définition » fut acceptée par ceux qui étaient à la tête d’États indépendants, car c’était une manière d’affirmer leur prétention à bénéficier de « l’aide » qui devait conduire au « développement » ; pour ceux qui étaient colonisés, c’était une façon d’affirmer l’égalité juridique qui leur était
refusée. En apparence, ils avaient tout à y gagner : la respectabilité et la prospérité. Toutefois, leur droit à l’autodétermination s’est échangé contre le droit à l’autodénomination et, en conquérant leur indépendance politique, ils perdaient leur identité et leur autonomie économique, parce que contraints de cheminer sur la « voie du développement » tracée par d’autres qu’eux. À la différence de la colonisation qui considérait le monde d’abord comme un espace politique où il fallait inscrire des empires toujours plus vastes, l’ère du «développement » est aussi celle de l’avènement généralisé de l’espace économique, à l’intérieur duquel l’accroissement du PNB constitue l’impératif majeur ». Toujours la vision économétrique du monde…
Ramener le développement à une affaire de niveau de production, de commercialisation et de consommation, génère de formidables opportunités de business. Cela n’a dans les faits rien de messianique, et tout à voir avec une quête de croissance économique. Plus grave, il devient source de destruction de l’environnement. En 1972, le Club de Rome, cofondé par le patron de Fiat Aurelio Peccei, commandite et publie un rapport, Les Limites à la croissance (dans un monde fini), qui traite de la croissance et ses effets sur l’environnement qui interpelle. Les chercheurs du MIT qui l’ont rédigé y remettent en question la croissance, tout en alertant sur une pénurie de ressources à venir et sur l’impact de l’activité industrielle sur l’environnement. Les concepts d’empreinte écologique et de développement durable y étaient déjà évoqués.
Cinq facteurs de danger étaient mis en avant : l’accélération de l’industrialisation, la croissance de la population mondiale, la malnutrition mondiale, l’épuisement de ressources naturelles, la dégradation de l’environnement.
Dans les années 80, ces réflexions sont complétées pour donner naissance au développement durable. Depuis, ce concept est omniprésent dans les textes des instances supranationales de leurs satellites, mais aussi en tant que label utilisé par les firmes transnationales. Sans surprise, nous le retrouvons dans l’article 3 de l’UE.
C’est dans ce contexte de questionnement sur la croissance et l’impact sur l’environnement qu’en 1982, la Commission Brundtland fut mandatée par l’ONU pour traiter de la réponse que le monde pouvait apporter à une activité économique effrénée hautement polluante et à la multiplication de catastrophes mortelles dont les victimes sont les personnes les plus fragiles des pays les plus pauvres.
Cinq ans plus tard, la Commission Brundtland devait accoucher d’un rapport dans lequel le développement durable était présenté comme la réponse à ce dilemme.
Il y est prôné un « développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la possibilité, pour les générations à venir, de pouvoir répondre à leurs propres besoins ». Cette définition est si générique qu’elle en devient englobante touchant de multiples niveaux de l’organisation sociale. Il y est question de thèmes convergents les four freedoms de Roosevelt :
- Répondre aux besoins vitaux des générations actuelles et futures en eau, nourriture, éducation, santé, emploi.
- Développer et améliorer les conditions de vie en veillant à ce que le minimum soit assuré à tous (services sociaux, logement, culture).
- Garantir les droits et des libertés de la personne.
- Développer des énergies renouvelables (éolienne, solaire, géothermique).
En revanche, ce rapport n’invite pas à refreiner l’activité économique. Nous comprenons qu’il serait possible, selon la Commission, de repousser les limites imposées par le développement durable par la technique, l’organisation sociale et la modification de la biosphère. Nous avons relevé notamment :
« Le genre humain a parfaitement les moyens d’assumer un développement durable, de répondre aux besoins du présent sans compromettre la possibilité pour les générations à venir de satisfaire les leurs. La notion de développement durable implique certes des limites. Il ne s’agit pourtant pas de limites absolues mais de celles qu’impose l’état actuel de nos techniques et de l’organisation sociale ainsi que de la capacité de la biosphère de supporter les effets de l’activité humaine. »
Un autre passage mérite aussi d’être signalé :
« Mais nous sommes capables d’améliorer nos techniques et notre organisation sociale de manière à ouvrir la voie à une nouvelle ère de croissance économique. La Commission estime que la pauvreté généralisée n’est pas une fatalité. Or, la misère est un mal en soi, et le développement durable signifie la satisfaction des besoins élémentaires de tous et, pour chacun, la possibilité d’aspirer à une vie meilleure. Un monde qui permet la pauvreté endémique sera toujours sujet aux catastrophes écologiques et autres ».
Le développement durable est, selon ce rapport, une invitation à repousser les limites de la nature et à redéfinir l’organisation sociétale pour surtout poursuivre la croissance économique. Le tout saupoudré de bonnes intentions humanitaires. Le développement durable va ouvrir de juteuses perspectives à un nouveau business, «économie verte », aux effets dévastateurs pour l’environnement. On voit ci-dessous l’explosion de la consommation des ressources depuis l’introduction du développement durable.
Certains analystes indépendants tirent à boulets rouges sur le concept de développement durable et du détournement des mots. Fabrice Nicolino cite avec beaucoup d’humour de grands patrons d’entreprises, réputées pour la pollution intensive qu’elles provoquent. On voit bien comment l’appellation développement durable mise dans la bouche de certains de ses ambassadeurs lui enlève son crédit.
Quelques citations de grands patrons reprises par Nicolino au sujet du développement durable. Année 2002
- Bernard Arnault, patron de LVMH158 et homme le plus riche de France en 2005, « plus aucune réforme politique, plus aucun projet d’entreprise ne peuvent être conçus s’ils n’intègrent préalablement cette dimension [du développement durable] ».
- Bertrand Collomb, patron du cimentier Lafarge, partenaire du WWF : « Le développement durable est un développement économique qui ne compromet pas le développement des générations futures ».
- Thierry Desmarest, patron de Total : « Il est difficile de trouver une définition qui englobe tous les aspects du développement durable ».
- Thierry Desmarest, patron de Total : « Je dirais qu’on ne peut pas faire du développement durable sans être compétitifs ».
- Jean-Marc Espalioux, patron du groupe Accor, géant du tourisme de masse, avec 3 700 hôtels répartis dans 90 pays. « Avec le gouvernement égyptien, nous faisons de l’information et de la prévention auprès de nos clients pour préserver cette faune extraordinaire [celle de la mer Rouge]. Ailleurs, c’est le nettoyage des plages qui sera privilégié ». Et de préciser que le « développement durable » est « non seulement compatible, mais indispensable » avec la mondialisation du tourisme de masse.
- Francis Mer, pdg en 2002 du groupe Arcelor, deviendra ministre de l’Économie du 7 mai 2002 au 30 mars 2004 : « Les entreprises sont faites pour “créer des richesses”. D’où l’idée de développement. J’insiste donc au moins autant sur l’idée de développement que sur le mot durable ».

Source : New Scientist (2008)/Global Change and the Earth System (2004)/ International Geosphere-Biosphere Programme/Steffen, W., W. Broadgate, L. Deutsch, O. Gaffney, C. Ludwig. 2015. The trajectory of the Anthropocene : The great acceleration.
Prendre le contrôle de la nature, la repenser, établir des moyens de communication pour en faire un espace unique connecté aussi bien virtuellement que physiquement n’est pas un concept nouveau. Descartes disait :
« Car [ces connaissances] m’ont fait voir qu’il est possible de parvenir à des connaissances qui soient fort utiles à la vie, et qu’au lieu de cette philosophie spéculative, qu’on enseigne dans les écoles, on peut en trouver une pratique, par laquelle connaissant la force et les actions du feu, de l’eau, de l’air, des astres, des cieux et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. » Wiener, le maître de la cybernétique et des automates, ne pensait pas autrement. Il avait écrit que le principal adversaire à une communication est la tendance entropique de la nature elle- même…
Comment peut-on expliquer que des entreprises labellisées développement durable détruisent les poumons de la planète ? Y a-t-il convergence entre la destruction de la nature et le besoin de s’en rendre maîtres et possesseurs par la science et la technologie par exemple ? En tous les cas, quelque chose sonne faux entre ce qui est dit et ce qui est observable. Par exemple, la déforestation qui est pratiquée de manière intensive de par le monde, et ne peut être ignorée de la communauté internationale qui prône la protection de la planète ! Hormis quelques ONG, le silence est assourdissant. Good Planet nous apprend que 12 millions d’hectares de forêts tropicales ont été détruits durant l’année 2018. Principales victimes : Brésil, Indonésie, Colombie, Bolivie, et RDC.
À peine nommé, le nouveau président du Brésil Bolsonaro avait décidé en janvier 2019 de s’en prendre à la forêt amazonienne pour cause d’… improductivité ! Il a justifié sa décision par la mise en place d’un vaste plan d’urbanisation pour favoriser le développement économique de la région amazonienne, jugée comme « désertique et improductive ». Toujours cette urgence de développement et de productivité qui prime sur la vie, sur la nature, et sur la planète en général. Aux dernières nouvelles, la principale forêt de la planète est ravagée par les flammes.
L a R é p u b l i q u e D é m o c r a t i q u e d u Congo (RDC) est soumise à un phagocytage de ses vastes forêts tropicales. Selon Greenpeace, « le pays a perdu en moyenne 5 700 km2 de forêt chaque année entre 2000 et 2014 ( s o i t 8 0 0 0 0 k m 2 durant cette période, une superficie égale à celle de l’Irlande). De plus, les taux de déforestation ont plus que doublé entre 2010 et 2014 ». Pourtant, au sortir de la guerre, le gouvernement a dû en 2002, et sous la pression de la Banque mondiale, suspendre l’attribution de nouvelles concessions d’exploitation forestière. Le but de celles-ci était de transformer le secteur en industrie durable, capable de générer des milliers d’emplois et des milliards de dollars.
Et voilà qu’entre en piste, entre autres acteurs, l’Agence française de Développement (AFD) qui annonce sur son site que depuis
« 2005, le climat est une priorité pour l’AFD. Parce que climat et développement sont deux urgences liées. Parce que partout dans le monde, les transitions énergétique et écologique sont porteuses
d’opportunités. (…) Les investissements en faveur du climat sont déjà à l’œuvre… Ils produisent des actions concrètes. Mais la mobilisation de tous les acteurs reste essentielle. Lors de la COP23 et du Sommet de Paris sur le climat du 12 décembre, nous nous engageons aux côtés de nos partenaires à amplifier le mouvement. ».
Or, dans un article de Greenpeace, mai 2017, intitulé « Exploitation forestière en Afrique : à quoi joue l’AFD ? », nous apprenons que l’AFD a « proposé un programme qui encourage le développement de l’exploitation industrielle du bois dans le pays, à contre-courant des efforts réalisés ces dernières années ». Ce programme va ainsi à l’encontre des efforts « internationaux de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (GES) via la lutte contre la déforestation des forêts tropicales intitulée « Reduced Émissions from Deforestation and Forest Degradation » (REDD +). »
Pire, ce programme prévoit d’intensifier l’extraction industrielle de bois en RDC et de participer ainsi à aggraver le processus, alors même que, l’AFD ne peut ignorer les études scientifiques qui démontraient déjà en 2013 que plus de 4 % des GES provenaient de l’extraction industrielle de bois dans les forêts tropicales. Ce chiffre monte à 12 % selon une enquête réalisée par Greenpeace sur les investissements du groupe Bolloré dans des plantations africaines via la filiale Socfin.
Ces exemples de dérives sont normaux dès lors que le monde de l’argent est invité à cogouverner. Ainsi, les plus gros pollueurs financent les conférences sur le développement durable et le changement climatique. « Les ONG protestent contre les propositions des entreprises polluantes à l’Agenda des solutions, la plateforme des acteurs non étatique qui doit accompagner l’accord sur le climat attendu à Paris en décembre. »
De vaines protestations. Le président Hollande laissa certaines entités privées — baptisées l’équipe de France du climat par Ségolène Royal — financer 20 % des frais de l’événement. Et dans cette équipe se trouve le groupe Bolloré, qui bénéficie d’une puissante présence en Afrique, cœur de son empire. Socfin, du groupe Bolloré, est à la tête de 185 000 hectares de palmiers (en 2016) et d’hévéas, 508,4 millions d’euros de chiffre d’affaires (2014), 185 443 tonnes de production d’huile de palme brute et 116 933 tonnes de caoutchouc naturel. D’immenses forêts tropicales sont aujourd’hui en sursis, car la Socfin pourrait dans les années à venir doubler les superficies plantées, car les zones plantées et gérées ne représentent que 40 % des concessions qu’elle détient.
Un drame donc qui fait écho à la phrase du WWF: « Si nous devions perdre les forêts, nous perdrions non seulement un nombre considérable d’espèces animales et végétales, mais aussi notre combat contre le réchauffement climatique ».
Autre cas, même problème doublé d’un extraordinaire de conflits d’intérêts pour ne pas dire d’hypocrisie organisée. COP23 a trouvé en novembre 2017 un sponsor de taille avec Unilever. Cette entreprise ainsi que la Norvège ont promis de poser 400 millions de dollars sur la table pour stimuler le développement social résilient
dans le cadre de l’investissement « d’urgence dans des sociétés capables de résister au changement climatique ». Il fut relevé que cela permettrait aussi bien la réalisation convergente de l’Accord de Paris sur le changement climatique, le Programme de développement durable à l’horizon de 2030, et le Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe. Or, le généreux donateur de COP23, Unilever, est dans le viseur d’Amnesty International. L’ONG, a publié en novembre 2016 une enquête, qui accusait le principal fournisseur commun à 9 multinationales, l’entreprise singapourienne Wilmar, de déforestation, menaces sur les espèces comme les orangs-outans, etc. De plus, Wilmar est accusé dans l’enquête de multiples violations, avec une systématique, des droits humains. En voici quelques exemples :
- « Des enfants, âgés de huit ans pour les plus jeunes, faisant un travail dangereux et difficile physiquement, qui abandonnent parfois l’école pour aider leurs parents dans les plantations.
- Des ouvriers devant travailler de longues heures, en utilisant de très lourds outils et en prenant de grands risques physiques pour couper des fruits sur des arbres de 20 mètres de haut afin d’atteindre des objectifs de rendement ridiculement élevés. Ils risquent en outre diverses sanctions pour des « fautes » telles que ne pas avoir ramassé les fruits tombés par terre ou avoir cueilli des fruits pas mûrs. »
- Des femmes forcées à travailler pendant de longues heures sous peine de voir leur salaire réduit, payées en dessous du salaire minimum — pas plus de 2,50 dollars par jour dans certains cas extrêmes — et maintenues dans une situation d’emploi précaire, sans retraite ni assurance maladie.
- Des ouvriers souffrant de graves lésions liées à un pesticide hautement toxique encore utilisé dans les plantations malgré son interdiction par l’Union européenne et même par Wilmar. Des ouvriers contraints à travailler sans tenue de protection adaptée malgré les risques de dégâts respiratoires liés à des niveaux dangereux de pollution provoqués notamment par des feux de forêt entre août et octobre 2015.
Univeler qui se targue de certification d’huile de palme durable est un des gros clients de Wilmar. Et qui sont les principaux actionnaires d’Unilever ? Des actions sont détenues par l’entreprise Unilever NV, The Vanguard group arrive derrière avec 2,40 %. Se succèdent Norges Bank Investment, Deutsche Asset Management, Wellington
Management qui détiennent chacune entre 1,4 et 1,8 %. Arrivent ensuite 2 fonds de Blackrock et un de Fidelity management & research (Market Screener)…
On fait le petit exercice pour la singapourienne Wilmar ? Les premières institutions qui détiennent des actions sont sans surprise Vanguard group avec près de 51 millions d’actions, T Rowe avec 34 millions, Blackrock avec 39 millions, auquel il faudrait ajouter plus de 6 millions en mains de Blackrock advisors UK (Source Morningstar). Du côté des fonds, arrive en tête Vanguard total Intl Stock Index avec 31 millions d’actions. Etc.
Autre lieu, autre déforestation. La filière du cacao, déjà célèbre pour l’esclavage d’enfants, livre une autre face sombre. En Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, on remplace la forêt tropicale protégée, par des cacaoyers. Selon l’ONG, Mighty Earth, ce sont des parcs nationaux qui ont presque entièrement (90 %) disparu au profit de la production du cacao. Sept des 23 zones protégées de la Côte d’Ivoire ont été totalement remplacées par les cacaoyers.
Chimpanzés et pachydermes sont en voie d’extinction. Situation similaire au Ghana, qui aurait perdu 7 000 km² de forêts au profit des cacaoyers… L’ONG assure « Nous avons pu démontrer que des négociants achetaient ouvertement ces fèves cultivées illégalement pour les vendre ensuite aux plus grands chocolatiers du monde. »
De grandes marques comme Mars, Lindt, Ferrero, des négociants puissants comme Cargill ou Olam, sont pointées du doigt. « Ces sociétés doivent immédiatement prendre des mesures fortes pour mettre un terme une bonne fois pour toutes à la déforestation, et remédier aux dégâts causés par le passé ». Plus vous lisez sur le sujet, plus vous regardez autour de vous, et plus s’installe le sentiment d’une déforestation systématique, aggravée par les ravages dus à des incendies de forêt. À relever que ces très grandes entreprises, comme Cargill travaillent, elles aussi, avec l’ONU pour réaliser les objectifs de développement durable. Le site de Cargill, par exemple, les reprend et prétend « travailler pour nourrir le monde, protéger la planète et enrichir les communautés, nous savons que le business joue un rôle important pour faire avancer les objectifs globaux (de
l’ONU), qui visent à mettre un terme à la pauvreté, s’intéresser au changement climatique et assurer la prospérité pour tous ».
Ce sont les activités industrielles débridées qui détruisent la planète, à l’image de Dow Chemical qui figure sur la liste des sponsors de l’ONU pour les projets de développement durable. Or, cette entreprise est réputée pour sa capacité à polluer la planète et l’humanité. En effet, Dow figure à la 14 e place du classement des pollueurs. En 2013, alors que le Conseil fédéral affichait son désir d’introduire les OGM en Suisse, Vigousse publia Vive l’oseille transgénique où nous pouvions lire :
« Peut-être faudrait-il rappeler aussi que Monsieur Roland Hausin, qui à la ville, est l’heureux époux de Doris Leuthard, est chimiste de formation et qu’il a œuvré durant six ans dans les hautes sphères de Dow Chemical Europe à Horgen (ZH).
Une boîte tristement connue pour sa très mauvaise volonté à indem-
niser les victimes de l’accident de Bhopal, et qui aux États-Unis s’est
lancée dans le business des OGM. Ça n’a sûrement rien à voir, mais
les Leuthard-Hausin ne sont peut-être pas totalement insensibles à
la cause de l’industrie chimique.
Quoi qu’il en soit, derrière la volonté gouvernementale d’autoriser les OGM dès 2018, et derrière les arguties quant à leur innocuité sanitaire, se cachent bien d’autres enjeux qu’il serait temps de dévoiler en toute transparence. À moins que ce soit ‘irrationnel’ ? » Or, Mme Leuthard, citée par Vigousse, était membre dudit Conseil fédéral…
Dow, toujours, a fusionné en août 2017, avec un autre pollueur de taille, réputé pour ses pesticides, ses OGM, ou son Kevlar : DuPont.
Tout comme Dow, DuPont s’intéresse au développement durable.
DuPont, dont le siège social est à Wilmington, dans le Delaware, le paradis fiscal américain, a été classée en 2016 au 2e rang du « Top 100 polluters Index 2016 », classement des cent principaux pollueurs de la planète.
L’historique de l’entreprise DuPont est aussi très intéressant. L’entreprise, à sa création en 1802, était une usine de fabrication de poudre à canon. Elle évolua progressivement pour devenir un des plus grands groupes de chimie de la planète (néoprène, Téflon, Kevlar, etc.). L’humanité doit aussi à la société DuPont la construc-
tion de l’usine de production de plutonium (Complexe nucléaire de Hanford) et le complexe nucléaire de Savannah River.
DuPont a été très médiatisé à cause d’une pollution d’envergure planétaire, par un composant du Téflon ! “Si vous êtes un être sensible qui lit cet article en 2016, vous avez déjà du PFOA dans votre sang. Il est dans le sang de vos parents, dans le sang de vos enfants, dans le sang de votre amant”, énumère le New York Times. L’article
dévoile « comment le chimiste DuPont a alimenté une pollution de l’eau de grande ampleur en Virginie occidentale, empoisonnant à petit feu bétail, riverains et employés. Avec une substance qu’on retrouve désormais partout sur la planète ».
“En décembre 2011, après sept ans [de bataille], les scientifiques ont commencé à publier leurs conclusions : il y avait un “lien probable” entre le PFOA et le cancer des reins, le cancer des testicules, certaines maladies de la thyroïde, un taux élevé de cholestérol, l’hypertension artérielle et la colite ulcéreuse”, raconte le quotidien américain. Et comment cette substance PFOA, pour perfluorooctanoïque, serait-elle arrivée dans le sang ? “Par l’air, par votre régime alimentaire, en utilisant une batterie de cuisine antiadhésive, à travers le cordon ombilical. Ou peut-être avez-vous bu de l’eau contaminée”, répond le journaliste Nathaniel Rich. Selon l’avocat qui mène le collectif contre DuPont, « Pendant des décennies,
DuPont a tenté activement de dissimuler ses actions. Ils savaient que ce genre de choses étaient nuisibles, mais ils l’ont quand même mis dans l’eau.” Il a d’ailleurs fallu attendre 2013 pour que la société renonce à la substance incriminée.
Eh bien cette entreprise fait elle aussi la promotion des objectifs du développement durable de l’ONU. Elle en fait un de ses trois piliers de mission, et se targue d’être référencée dans l’indice de durabilité du Dow Jones. Ailleurs, le site donne des conseils en durabilité et croissance du capital…
L’exemple qui précède pourrait être démultiplié à l’envi pour prouver les postures mensongères, de conflits d’intérêts, et de double discours. Non seulement ceux-ci n’ont cessé de fleurir ces dernières décennies, mais ont aussi été banalisés. Voici une petite illustration récente.
Au printemps 2017, M. Nicolas Hulot, grand ambassadeur de la nature pour la France, est nommé ministre de la Transition écologique et solidaire. Le 29 mai, le nouveau ministre donne « le coup d’envoi de la semaine du développement durable en France, en appelant à conjuguer davantage les enjeux écologiques et de solidarité ». Le but de la semaine ? Mettre en avant les Objectifs de développement durable définis en 2015 par les Nations unies.
En tant que ministre de l’État français, M. Hulot devait se prononcer à la même époque sur un sujet très chaud qui agitait l’UE, et surtout ses consommateurs. On avait constaté une présence importante de perturbateurs endocriniens dans un nombre élevé de produits de consommation.
Ces perturbateurs, appelés PE, sont définis en tant que « substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire ainsi des effets délétères sur cet organisme ou sur ses descendants ». Ces produits ont envahi massivement la vie du consommateur. Les sources principales d’exposition à ces poisons sont l’eau, l’alimentation, l’air, les médicaments, cosmétiques, et autres produits phytosanitaires. Avant la nomination de M. Hulot, Mme Royal tenait tête à la Commission européenne. Elle était allée jusqu’à qualifier d’inacceptable le texte de celle-ci. Sous
influence, mais aussi mise sous pression par les lobbies de l’agrochimie, la Commission voulait faire voter une définition des perturbateurs endocriniens dans le cadre de la régulation européenne sur les pesticides. Devait aussi être ajoutée la liste des critères qui identifient ceux qu’il convient de bannir.
Or, Mme Royal trouvait que les garanties offertes par le texte étaient insuffisantes. Mais grâce à Nicola Hulot, les gouvernements européens purent adopter le 4 juillet la très controversée directive. M. Hulot a accepté ce que jusqu’alors Mme Royal avait refusé, et a simplement passé outre la lettre ouverte qui lui a été adressée par le collectif EDC free Europe.
Le lendemain de ce vote qui a choqué les Français et décrédibilisé la personne, le Canard enchaîné nous révélait la face sombre des activités de l’écologiste. Et là, nous apprenions que les shampooings et autres gels douche commercialisés par le ministre à travers sa société Ushuaia — dont il continuait de percevoir des dividendes —
n’étaient pas si écolos que cela. « Le magazine 60 millions de consommateurs épinglait trois produits de la marque, dont un gel douche contenant « un grand nombre de colorants susceptibles de provoquer des allergies » et un déodorant renfermant du benzyl salicylate une substance soupçonnée d’être un perturbateur endocrinien. »
Déjà en 2006, Greenpeace avait placé les produits Ushuaïa sur sa liste rouge des produits chimiques dangereux.
Autre cas de double discours sur fond de destruction de la nature et d’aggravation des émissions de gaz à effet de serre. Nous sommes le 13-14 novembre 2017 à Bonn dans le cadre de la COP23. Les pontes de la gouvernance mondiale, dont MM Macron et Hulot, s’unissent pour alerter sur l’accélération de la dégradation de notre planète.
Selon Nicolas Hulot, le ministre français de la Transition écologique et solidaire, 2018 sera « le moment de vérité ». » Une huitaine de jours plus tard, « le Comité des États étrangers, une instance décisionnaire de l’Agence française de développement (AFD), principal organe public d’aide au développement, doit étudier un dossier
sensible : un prêt de 41 millions d’euros au ministère chinois des Finances, destiné à cofinancer la construction d’un système de cogénération adossé à une centrale à charbon de 660 mégawatts (MW).
La cogénération est une technique permettant de récupérer la chaleur émise par la combustion du charbon, et de la réutiliser pour un autre usage. Dans ce cas précis, elle doit servir à chauffer une partie de la ville de Shihezi, au nord du Xinjiang. À hauteur de 40 %, elle doit aussi alimenter une future zone industrielle aujourd’hui en construction. Pour l’AFD, ce projet permettrait d’optimiser l’efficacité énergétique de la centrale à charbon et, donc, contribuerait au développement durable de la localité. ». Sous la pression des ONG, qui ont envoyé 1 500 messages, l’AFD a reporté ladite étude.
Des exemples de destruction massive de la planète nous arrivent au quotidien, et n’épargnent même plus les pays autrefois respectueux de la nature. Septembre 2018, la Pologne accueille la COP24 à laquelle n’assisteront pas MM. Macron et Philippe. De quoi s’interroger sur l’utilité de l’événement. Selon Novethic, la Pologne, pays hôte du sommet climatique, venait d’autoriser la construction d’une centrale à charbon de 1 000 MW !
Avril 2019, le gouvernement australien, autre signataire des programmes de développement durable, a approuvé l’extraction de 60 millions de tonnes de charbon par année, soit l’équivalent de 130 millions de tonnes de gaz à effet de serre. Cette nouvelle fait suite à l’autorisation accordée par l’Autorité du Parc marin de la Grande barrière de corail, de rejeter un million de tonnes de boue de dragage à proximité du récif.
Autre pays, même désastre écologique. Le Liban, pays de montagnes majestueuses, est en voie de défiguration avancée à cause de leur exploitation industrielle. 52 000 000 de mètres carrés de carrières y sont disséminées ! Ce genre d’excavation industrielle des montagnes est connu en anglais sous l’appellation « flat-
tening mountains ». Il s’agit d’aplatir des montagnes dans le but soit d’exploiter des mines de charbon, soit de créer des mégalopoles par exemple. Des centaines de montagnes ont été aplanies en Chine dans le cadre de projets de construction de logements. Le but étant de déplacer 100 millions de personnes des campagnes vers les villes.
Plus près de chez nous, ce sont des villages entiers que l’Allemagne rase pour laisser la place à de gigantesques mines de charbon ! Les forêts tombent du même coup. Des citoyens se mobilisent, mais le rapport est celui de David contre Goliath…
Une destruction de la vie se déroule actuellement sous label « développement durable ».
Complément
Un site à découvrir pour comprendre l’ampleur du saccage de la nature:






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